25.11.2008

Blues d'automne

Aujourd'hui une grande tristesse habite mon coeur, c'est comme ça parfois le cumul d'émotions, du stress, de la fatigue, et on craque. Alors je m'accorde un petit quart-d'heure pour pleurer.
Je n'aime pas trop parler de moi quand ça ne va pas parce que je sais que je pourrais me laisser aller et on en viendrait vite à décortiquer la plus obscure part de ma vie... au moins déjà, pour vous rassurer, je ne porte pas un inavouable secret comme avoir tué quelqu'un ou un truc bizarre comme ça. Mes problèmes n'ont rien d'original hélas car malgré cette banalité leur solution n'apparaît pas comme une évidence. C'est banal comme un mauvais rhume mais il suffit pas de prendre un Fervex pour que ça s'arrange.
Les larmes viennent parce que ça ne va pas trop. La vie sociale, la santé, la vie privée, la vie familiale, la vie professionnelle. Combien de fois peut-on lire ce genre de jérémiades sur les blogs et pourtant... celui/celle qui vous le raconte vit son désespoir comme si c'était quelque chose d'unique, exclusif. Non, on n'a pas le monopole de la tristesse.

Ma grand-mère est morte. Il y a un mois, peut-être deux, je ne me rappelle même plus de la date précise... parce que je ne me suis même pas arrêtée pour pleurer, faire mon deuil. J'étais un peu triste pour ma mère, mais en fin de compte quand une personne âgée meurt ça ne choque pas vraiment parce qu'elle avait mathématiquement plus de chances de mourir qu'un jeune. Le temps est passé et j'ai oublié quel jour c'était. Le temps emporte les gens, nous emporte aussi dans sa folle course, et là je me rends compte qu'on est presque en décembre c'est à dire 3 mois et que je n'ai rien prodit de satisfaisant professionnellement. Ca ne va pas. J'aime ce que j'apprends, je ne suis pas nulle, je ne manque pas de motivation, mais je n'y arrive pas. On a du boulot, ça ne me fait pas peur. Ma mère me parle parfois le soir, me dit de ne pas me coucher tard, et je lui réponds sagement de ne pas s'inquiéter, mais je ne lésine pas sur les nuits blanches et le thé fort pour bûcher* (bosser)  sur mes travaux, d'une part parce que quand je suis concentrée je suis inébranlable, d'autre part parce que je n'ai pas le choix.

Mentalement je tiens, je fais le vide, j'oublie le reste et c'est ce qui me permet de bosser des heures d'affilée immergée dans le boulot, le problème c'est mon corps qui ne suit pas. J'avais commencé un régime équilibré, puis basta j'ai laissé tombé parce que le soir en rentrant c'était plus rapide de glisser un plat surgelé au micro-ondes 2 minutes que d'éplucher légumes et cuire du riz pendant une demi-heure. Oui, la moindre demi-heure a de l'importance, et on gagne des demi-heures partout où on peut, surtout sur le temps de sommeil. Je ne suis jamais couchée avant 1h du matin, même le week-end, surtout le week-end... quand je commence à bosser le vendredi soir pour prendre de l'avance, je peux incruster des perles une par une jusqu'à 3h du matin.
Appelez ça courage ou détermination, le résultat est que je suis claquée et que je fais des malaises. Plus je bosse, plus je sollicite mes forces, plus je m'use. Qu'est-ce qui m'attend encore... ? Mon oncle qui me recommande de voir un ophtalmo pour voir si c'est pas dû à la tension oculaire, et puis de toutes façons il faut que je vois un ohptalmo pour faire réviser mes lunettes qui datent d'il y a 3-4 ans déjà... Je flippe à l'idée d'aller me faire examiner pourtant il faut bien, encore faut-il trouver un ophtalmo qui n'a pas 3 mois d'attente...  Déjà dans la famille on a des antécédents cardiaques, tension, etc...  ma mère est sujette aux palpitations, moi, de plus en plus je me rends compte que j'ai le coeur serré rien qu'en marchant pour aller à la station de métro... le manque de pratique d'exercice physique n'y est pas pour rien... Là encore, j'ai déjà repéré une piscine où nager mais les horaires... Courir par ci courir par là... Toujours

Affectivement aussi qu'est-ce que je me sens seule ! Beaucoup moins maintenant que j'ai mon chat, mais mes parents me manquent. Ma mère surtout, parce qu'avant il y avait une relation très tendre entre nous. Je ne suis plus une petite fille, je crois qu'on est passé à la relation assez distante d'adulte à adulte... le cordon serait-il coupé ? Mes vrais amis sont loin, les autres sont des camarades de classe avec lesquels le contact se limite au travail. Hélas... Affectivement c'est... le désert. Bien sûr j'ai des sentiments pour quelqu'un, mais visiblement ces sentiments se font oublier parce qu'ils n'ont pas l'opportunité de s'exprimer... Alors je suis là, prostrée dans mon célibat avec la frustraton du contact humain... Curieusement je ne suis pas très tactile mais ça me manque qu'on me prenne dans des bras doux...

Je peux toujours rêver... le quotidien me rappelle.

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